COMITE NATIONAL DE SOUTIEN A OUMOU SY

Métissacana 30, Rue de Thiong

Tél : 822 20 43

 

 

Dakar, le 11 Octobre 2001

 

 

A Monsieur le Ministre des Affaires étrangères,

de l’Union africaine et des Sénégalais de l’extérieur

 

Monsieur le Ministre,

 

Nul n’est mieux placé que vous pour présider aux destinées de nos compatriotes qui vivent à l’étranger. Puisque vous-même avez enduré les affres de  l’émigration, avec son lot  de sacrifices et autres privations.

 

Cependant, Monsieur le Ministre, nous les hommes et femmes de culture, donc faisant partie des meilleurs ambassadeurs de ce pays, bien plus que les diplomates dont vous assurez la tutelle, sommes en droit de nous inquiéter du sort qui nous est réservé dans notre propre nation. Qu’une artiste de renommée mondiale de la trempe de Oumou Sy, au point d’aller défendre dignement l’image du Sénégal, se retrouve soudain en prison où elle a croupi trente-trois (33) jours durant, accusée, sans aucun fondement ni aucune preuve, de vulgaire « proxénète », nous effraie, à juste raison d’ailleurs.

 

Monsieur le Ministre, toutes vos affirmations, sans exception, se sont révélées fausses. Vous avez parlé de filles mineures, alors que le moins âgé des mannequins avait dix-neuf (19) ans. Auriez-vous oublié que depuis dix ans, l’âge de la majorité au Sénégal est de dix-huit (18) ans ? Vous avez évoqué des filles sans titre  de voyage. C’est  parce que vous ne saviez pas que le principal critère pour le voyage était le dépôt du passeport. Et pour les mannequins qui n’en possédaient pas, Oumou Sy les a aidé à en acquérir, le plus légalement du monde. Et comment l’avion qui s’est retrouvé dans la clandestinité, bien qu’ayant déposé son plan de vol et obtenu l’autorisation d’atterrissage, a pu devenir officiel, comme par un coup de baguette magique, pour convoyer une délégation sénégalaise ? La liste est loin d’être exhaustive, Monsieur le Ministre, et tout n’a pas été dit. Nous voulons en connaître plus sur le témoin oculaire du trafic dont vous avez fait cas.

 

Oumou Sy est libre, mais sa liberté n’est que provisoire. Nous, les membres du Comité de soutien, luttons pour le non-lieu pur et simple.

 

Par ailleurs, Monsieur le Ministre, nous sollicitons une audience auprès de votre haute bienveillance, pour discuter avec vous des tenants et des aboutissants de toute cette nébuleuse histoire.

 

Tout en nous attendant à une suite favorable à notre demande, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos meilleurs sentiments. 

 

Pour le Comité de soutien





COMITE NATIONAL DE SOUTIEN A OUMOU SY

        

        Métissacana 30, Rue de Thiong

      Tél :  822 20 43

 

Dakar, le 11 Octobre 2001

 

                                                            A Monsieur le Ministre de la Culture        

 

 

            Monsieur le Ministre de la Culture ;

 

En hommes et femmes de culture, nous nous sommes réjouis de votre nomination à la tête du Ministère de la Culture. Nous avons tous salué la confiance que Monsieur le Président de la République a placée en quelqu’un que nous considérons comme étant l’un des nôtres, pour lui confier notre département de tutelle.

 

Cependant, Monsieur le Ministre, nous sommes inquiets, à raison d’ailleurs, de votre inactivité et de votre silence absolu, pendant que notre consoeur Oumou Sy croupissait, comme une vulgaire « complice de proxénétisme », selon les propos nullement  fondés d’ailleurs, de certains de vos collègues, trente-trois (33) jours durant. Que le Président de la République s’arroge du titre de « Protecteur des arts, des lettres et des artistes », pour notre part, nous considérons que vous êtes son représentant à nos côtés. Par  conséquent, nous sommes en droit de nous attendre à plus de considération, mais surtout plus de protection de votre part. Malheureusement, nous sommes aux regrets de constater que tel n’a pas été le cas.

 

Maintenant qu’elle s’en est sortie avec l’hommage et les excuses à peine voilées présentées par le juge d’instruction qui a décidé de lui accorder souverainement la liberté provisoire, nous qui nous battons à ses côtés pour un  non-lieu pur et simple, espérons pouvoir rencontrer notre ministre de tutelle, au cours d’une audience qu’il voudra bien nous accorder, pour lui expliquer les tenants et les aboutissants de cette affaire. Nous espérons aussi, au cours de cette rencontre, pouvoir recueillir l’avis de notre ministre.

 

Tout en espérant une suite favorable de votre  part, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre de la Culture, l’expression de nos sentiments distingués.

 

Pour le Comité national de soutien